• Français
  • English

Documentation

Large_77eaabf3e3a6afccb429e56c682458e1392f5b33

La culture en action. De Vilar à Lang : le sens perdu

Caune, Jean
Presses universitaires de Grenoble
Communication, médias et sociétés
1999
978 2 7061 0816 7
La rencontre avec l’œuvre artistique, son appropriation par les couches sociales plus larges que celle de l’élite culturelle, l’insertion de l’art dans la réalité sociale ont rendu nécessaire, dans une société en pleine transformation, une stratégie spécifique. Plus qu'une forme de la médiation de l'art, ou un aménagement de ses conditions de fréquentation, la culture en action a représenté, entre 1960 et 1986, un «agir communicationnel» par le biais du phénomène artistique. L'action culturelle, pierre angulaire de la politique d'André Malraux, vit depuis 1983 une période difficile, sur le mode du paradoxe :

– elle se veut médiation, on lui demande d'être médiatique;

– elle se projette au service des transformations sociales, on souhaite qu'elle fasse preuve d'esprit d'entreprise;

– elle a l'ambition de favoriser l'appropriation de l'art, on lui suggère de s'insérer dans le champ des industries culturelles;

– elle se propose de jouer un rôle dans une stratégie de réduction de l'écart entre l'art et la population, on lui fait comprendre qu'entre la création et les publics il n'est nul besoin d'intermédiaire.

Là où l'immédiateté devient valeur, quelle place reste-t-il à la médiation et à la transmission ? Là où la société se veut «branchée», où les significations disparaissent devant les «contacts», où l'image se remplit d'elle-même, quelle place reste-t-il pour les apprentissages de la réception esthétique ? Place désormais à la société de communication. Reste pourtant, en ce début des années 90, à ne pas oublier les exigences dont l'action culturelle n'avait été qu'une expression.