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Visite du FRAC PACA et formations du personnel

Partenariat FRAC PACA - DISP PACA Corse 2008-2010
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Claude Rambaud, responsable de la Culture à la Direction interrégionale des services pénitentiaires PACA-Corse


Pouvez-vous nous présenter le partenariat que vous avez mis en place avec le Fonds régional d'art contemporain Provence-Alpes-Côte d'Azur ?

Cela a commencé en 2009. Le projet est bâti autour de la programmation du FRAC PACA.

À l'occasion de chacune de ses expositions (trois fois par an), les personnels de l’Administration pénitentiaires sont invités par le FRAC pour une journée d'échanges, incluant une visite accompagnée, qui s'inscrit dans le cadre de la formation continue.

La première année, nous ne nous adressions qu'aux référents culture des services d'insertion.

En 2010, nous avons élargi l'offre à tous les personnels chargés de l'insertion.

En 2011, tous les membres de l'Administration pénitentiaire (surveillants y compris) devraient être concernés.

En plus des personnels pénitentiaires, le FRAC PACA s'adresse aussi aux détenus. Des hommes et des femmes incarcérés au Centre pénitentiaire des Baumettes, à Marseille, géographiquement proche du FRAC, ont pu eux aussi aller visiter les expositions grâce à une permission de sortir.

Le FRAC PACA est également intervenu en détention avec des séances de projection et de discussions autour des expositions. À la Maison d'arrêt d'Aix-en-Provence, il y a des ateliers organisés par le FRAC en lien avec l'Éducation nationale.


Quels sont les objectifs de ces actions ?

La rencontre avec l'art contemporain a pour objectif de faire découvrir aux personnels comme aux détenus une forme de réflexion différente, inhabituelle.

Le but de ce type de projet est aussi tout simplement d'ouvrir un horizon aux personnes incarcérées.

 

copyright: Kengo Kuma & Associés  photos: La pixellerie


Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

Il n'y a pas eu de difficultés particulières, sauf peut-être pour faire admettre à l'administration pénitentiaire en général qu'une approche de l'art contemporain est formatrice et a sa place dans le cadre de la formation continue.

C'est vrai qu'il y a parfois de petites réticences à inscrire de la culture générale en tant que formation professionnelle.

C'est pourquoi nous avons commencé par les référents culture des services d'insertion, plutôt que par les surveillants. Mais cela s'est fait relativement facilement, d'autant qu'il n'y a aucun financement en jeu, le FRAC PACA ne demandant pas de subvention pour cette action.

 

Quel type de réactions ce projet suscite-t-il ?

Les réactions sont excellentes. À l'issue des formations, nous avons des retours véritablement exaltés de la part des personnels. Ils sont ravis d'avoir vécu ce moment particulier.

Et lorsque les détenues femmes des Baumettes sont allées visiter l'exposition "Mon Antre" de Fred Sathal, en 2009, elles étaient déjà subjuguées par le travail de la créatrice de mode, mais en plus elles ont eu la chance de la rencontrer (par un heureux hasard, l'artiste se trouvait au FRAC à ce moment-là).

L'échange a été si fructueux que les détenues ont souhaité revenir au FRAC pour un second rendez-vous proposé par Fred Sathal elle-même.

 


Quel bilan global pouvez-vous tirer de ces expériences ?

Il est positif ; c'est un projet très dynamique qui est bien reçu. Les échanges avec mes différents partenaires sont nombreux et faciles.

 

copyright: Kengo Kuma & Associés  photos: La pixellerie

Comment envisagez-vous la suite de ce projet ?

Le FRAC PACA doit déménager l'année prochaine, ce qui va nous obliger à organiser les formations ailleurs que dans leurs locaux.

Pour la même raison, les expositions auront certainement lieu dans des musées auxquels le FRAC aura prêté des œuvres, mais les rencontres continueront régulièrement.

Il est également prévu une nouveauté : deux artistes proposés par le FRAC doivent être accueillis en résidence à la Maison d'arrêt d'Aix-en-Provence et au Centre pénitentiaire d'Avignon - Le Pontet, pendant une semaine ou deux. Les détenus pourront les rencontrer et échanger avec eux sur la création de leurs œuvres, qui aura lieu sous leurs yeux.

 

Serait-il possible que ce type d'actions soit étendu à d'autres domaines artistiques ?

Oui, je pense qu'ouvrir les personnes incarcérées à d'autres formes d'art est toujours bénéfique. Elles bénéficieront d'ailleurs d'actions similaires dans le domaine de la musique à partir de 2011.

Pour les personnels, à mon avis il faut commencer par expérimenter l’action, car c'est un sujet qui demande une réflexion approfondie.