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Village médiéval de Brancion

journal du chantier de Brancion
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Michel Jondot, coordonnateur technique, TREMPLIN Homme et Patrimoine

 

Pouvez-vous nous présenter votre projet mené en collaboration avec le Service Pénitentiaire d'Insertion et de Probation de Saône et Loire ? Comment est-il né ?

Le projet de restauration de la cité médiévale préexistait.

Nous étions également déjà engagés dans la lutte contre l'exclusion puisque nous faisions travailler depuis plusieurs années des bénéficiaires de minimas sociaux (RMI etc) sur des actions de restauration du patrimoine et par conséquent nous touchions déjà des gens qui sortaient de prison.

Sensibilisés aux problèmes de l'incarcération, nous avions conscience des difficultés spécifiques que ces personnes rencontraient et c'est pourquoi nous avons ressenti le besoin de proposer une action en amont de la libération, moment où beaucoup se trouvent très démunis.

C'est là que l’association TREMPLIN Homme et Patrimoine, composée de restaurateurs, d’une psychologue et de formateurs, a lancé l'idée d’un projet sur Brancion pour "restaurer" les hommes à travers la restauration du patrimoine.

Nous voulions fournir un outil aux sortants de prison pour favoriser leur réinsertion. Mais il a fallu attendre l'aval de l'Administration pénitentiaire durant deux années. Elle a donné son accord en janvier 2007.

Depuis, nous disposons de douze postes conventionnés dans le cadre d’une ACI et l'Administration pénitentiaire apporte une contribution financière à la journée de présence.

Des personnes placées sous main de justice bénéficiant d'une mesure de placement extérieur sont embauchées en contrat unique d’insertion - contrat d’accompagnement dans l’emploi (CUI-CAE) pour une durée de six mois, renouvelable une fois.

 

Pouvez-vous nous en dire plus sur les difficultés que vous avez rencontrées dans la mise en place de ce projet ?

Il n'y a pas eu de difficultés particulières, mais c'est vrai qu'il a fallu d’abord comprendre les rouages de l'Administration pénitentiaire et mobiliser pas mal d'énergie pour que ce projet puisse voir le jour.

Par la suite, sur le terrain, cette action exigeante nécessite beaucoup de présence et d'attention ainsi qu'un cadre rigoureux afin que les participants puissent évoluer positivement.


Quelles sont les réactions des bénéficiaires de ce dispositif ?

Il s'avère que certaines personnes que nous accueillons ne sont pas assez mûres pour s'engager dans ce processus ; elles restent généralement peu de temps sur l’action. Celles qui ont une réelle motivation et l’envie de s'en sortir sont généralement très investies et on obtient d'excellents résultats.

La moitié des personnes placées sous main de justice qui ont travaillé avec nous quittent le village avec un emploi en poche, 20% partent avec un projet de formation professionnelle, et 5 à 10% avec un nouveau contrat d'insertion ou en vue de faire de l'intérim.

Le bilan est donc très positif, puisque la plupart des participants qui effectuent le parcours proposé jusqu'au terme du contrat sont sur la voie de la réinsertion.

 

Comment envisagez-vous l'avenir de ce projet ?

Chaque année, nous sollicitons le renouvellement du dispositif, mais on garde à l'esprit que ce type de projet reste très fragile. Il demande une vigilance de tous les instants et reste lié à la solidité du partenariat avec l’administration pénitentiaires et l’ensemble des partenaires du développement du site.