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Passion de la mer

Riwal Jezequel, Animateur au Centre de Culture Scientifique, Technique et Industrielle/Maison de la Mer de Lorient

 

animations en milieu carcéral du CCSTI/Maison de la Mer de Lorient


Pouvez-vous nous présenter le projet culturel mené par le CCSTI/Maison de la Mer de Lorient au sein du Centre pénitentiaire de Ploemeur-Lorient ? Comment est-il né ?

C'est la Ligue de l'enseignement du Morbihan qui est chargée de la programmation culturelle du Centre pénitentiaire de Ploemeur-Lorient, via le Service Pénitentiaire d'Insertion et de Probation du Morbihan. Attentifs à ce que les détenus puissent avoir accès à l'ensemble des champs de la culture, sans oublier la culture scientifique, technique et industrielle, ils font appel à nous depuis 2007.

L'objectif est d'ouvrir ce public aux problématiques d'exploitation du milieu maritime, un sujet généralement méconnu (même en dehors du milieu pénitentiaire). C'est pourquoi il est d'autant plus important de ne pas occulter ce volet de la culture.


Quels sont les objectifs de ce projet ?
Les activités proposées par le CCSTI/Maison de la Mer au CD de Ploemeur-Lorient se basent sur les débats qu'il est possible de générer à partir des propres expériences des détenus, mais aussi sur la rencontre avec des professionnels de la mer et des scientifiques. Le but est le développement de connaissances sur le milieu maritime et de l'esprit critique de chacun.

Nous organisons trois rendez-vous par an. Depuis cette année, ils sont structurés de manière à permettre l'échange avec un professionnel, avec un chercheur puis avec une entreprise locale. Cela peut donner des idées de reconversion à certaines personnes, ou en tout cas leur ouvrir de nouveaux horizons. Lors des séances qui ont eu le moins de succès, il y avait sept détenus hommes, mais on est aussi monté jusqu'à vingt participants.

L'important pour nous est de "semer la graine" de la passion de la mer, même si, en fonction de leurs parcours, nous ne voyons certains détenus qu'une seule fois alors que d'autres reviennent quasiment systématiquement.

Quelles réactions avez-vous pu recueillir ?
Les détenus, qui sont tous volontaires pour participer à nos séances, ont le plus souvent des réactions très positives. Certains demandent des informations car ils envisagent une formation professionnelle dans ce domaine, d'autres font part de reportages qu'ils ont vu sur des chaînes de télévision spécialisées...

Il y a aussi des bonnes surprises, comme lorsque d'anciens pêcheurs rencontrent des gens exerçant le même métier.


Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?
En tant que prestataires de la Ligue de l'enseignement du Morbihan, nous arrivons une fois que le projet est monté, nous avons juste à trouver des thèmes et des dates. Et comme nos intervenants sont des personnes assez ouvertes, nous ne rencontrons pas de difficultés particulières.


Quel bilan global pouvez-vous tirer de votre expérience ?
C'est un bilan satisfaisant. Il est prévu de reconduire le projet chaque année, car s'adresser au plus grand nombre fait partie des missions du CCSTI/Maison de la Mer. De plus, cela ne représente pas un investissement trop lourd pour notre structure.