• Français
  • English

Festival Traveling

Jacques Froger, Clair Obscur

 

Pouvez-vous nous présenter votre projet ?
Clair Obscur est une association fondée en 1988, dont l’objectif est de promouvoir le cinéma et l’audiovisuel auprès de tous les publics sur l’ensemble du territoire de la région Bretagne.

Cela fait six ans que nous menons des actions auprès des personnes placées sous main de justice.

Au début, nous intervenions à la Maison d’arrêt de Rennes, notamment auprès du public mineur. Depuis 2009, nous poursuivons nos actions au nouveau Centre pénitentiaire de Vezin.

La fréquence et la nature de nos activités évoluent d’une année à l’autre, en fonction des crédits accordés. Elles sont cependant plus régulières depuis que la Ligue de l’Enseignement d’Ille-et-Vilaine a pris en charge la gestion des activités culturelles de l’établissement.

Tous les ans, nous organisons la projection d’un film au quartier hommes et au quartier femmes, dans le cadre du Festival Traveling. Chaque année en février, le Festival met à l’honneur les grandes villes du monde à travers leur cinéma : New York (1993), Tokyo (1998), Dublin (2001), Téhéran (2003), Helsinki (2005), Buenos Aires (2008), Jérusalem (2009), Mexico (2011)… Le public découvre, en images, la richesse et l’histoire de ces villes cosmopolites. L’année dernière, la programmation donnait un éclairage sur Bruxelles. Nous avons donc présenté deux longs métrages flamand et wallon : Turkuaz de Kadir Balci au quartier femmes, et Les barons de Nabil Ben Yedir au quartier hommes.

Nous intervenons en compagnie du réalisateur pour discuter avec les personnes détenues à l’issue de la projection.

Les discussions portent sur les thématiques abordées par le film, mais nous en revenons toujours au cinéma. Le film n’est pas un support pour traiter d’un sujet de société ; il s’agit avant tout de parler de création artistique. Ensemble, nous nous posons deux questions : quel est le propos du réalisateur ? Comment choisit-il de faire passer son message ? En somme, nous étudions comment la forme du film sert le fond.

J’ai à ce propos une anecdote amusante. Quand nous avons projeté Turkuaz, le film n’était pas encore sorti en salle. La production nous a envoyé par erreur la copie d’une version non achevée du film, comportant un certain nombre d’erreurs techniques : problèmes de cadrage et d’étalonnage, présence d’une perche dans le plan,…etc.
Loin d’être dommageable, cela a permis au réalisateur Kadir Balci de lever le voile sur la fabrication d’un film, et d’expliquer les différentes étapes de la post production.

Jacques Froger et Ateliers de programmation

Jacques Froger et Animation et échanges avec professionnelles